[Half Ironman] Les Sables pour mon 2ème triathlon longue distance

Il y a des bonheurs qui ne peuvent se refuser dans la vie même s’ils paraissent folie.

Voici comment en l’espace de 36 heures je me suis retrouvée dans le parc à vélo du half Ironman des Sables d’Olonne. Je reprenais juste le chemin des entraînements et des compétitions, quand je n’ai pu résister à récupérer un dossard tombé dans les méandres des no-show. Ce vendredi après-midi en l’espace de deux heures, je saute de joie à l’arrivée d’un mail tant espéré m’invitant à m’inscrire, ainsi que mon partner in crime. Je suis consciente de la chance immense que j’ai de pouvoir épingler un dossard sur ce format half Ironman et qui plus est dans la ville qui est devenue Un peu la mienne.

Je connais à présent par cœur ce chenal que j’empreinte avec mon petit voilier rêve de gosse, et je mesure le privilège de pouvoir l’emprunter à la nage.

Ce n’est pas le moment, sans doute. Mais je n’ai pas peur d’avoir mal ou D’être en-deçà de mon meilleur niveau. Il y a des émotions qui sont plus fortes que la peur de souffrir ou de ne pas être au meilleur de soi même .

Il faut savoir cueillir le bonheur là où il est…

Et je peux vous assurer que ce dimanche 4 juillet le bonheur était dans les milliers de regards, petits comme grands, concurrents comme spectateurs, que j’ai croisé sur ce mythique remblai des Sables d’Olonne.

Nous sommes tous dans le parc à vélo avant 6h du matin alors que le soleil se lève.

À 7h du matin il y a déjà des milliers de personnes, comme des fourmis qui gravitent entre les zones de départ et les va et vient logistiques de dépôt de sacs. J’envoie Yoann en trottinant rejoindre son sas de départ car il est en retard, et je vais déposer nos sacs à la consigne.

J’ai besoin de faire une mise à l’eau. La mer est à 19°, il y est facile de s’immerger pour se réveiller. J’aime marcher tout doucement pour pouvoir apprivoiser l’océan, plonger mes mains puis progressivement m’allonger sur le ventre et mettre la tête sous l’eau pour regarder son fond. Cette mise à l’eau se passe bien et me mets en confiance, moi qui ait souvent des crises de panique.

Le départ natation de 1900m depuis la grande plage se fait par vagues successives avec les classes D’âge. C’est le Rolling start par groupes de 6.

Je pars, après de nombreuses vagues de participants, à 7h10 avec une quarantaine de concurrentes féminine de plus de 40 ans. Nous sommes dans le sas de départ, et j’ai envie de partir vite pour ne plus attendre. Le départ se fait en courant depuis la plage, ce que j’appréhende car cela fait monter à chaque fois mon cardio, et provoque mes petits coups de panique au début de la natation. Nous allons contourner le phare pour rentrer dans le chenal et rejoindre le parc à vélo.

Ma Natation est encore compliquée jusqu’à ce que j’entre dans le chenal justement et que je me sente en sécurité. À ce moment-là seulement j’arrive à me détendre et respirer en trois temps .

Je regarde ma montre en sortant de l’eau, 38 minutes, je me dis que ce n’est pas pire que l’an dernier alors que je ne me suis presque pas entraînée en natation.

Je prends le temps de me changer en transition. Il faut dire qu’il y a plein de gravillons sous mes pieds et j’ai peur que cela me gêne ensuite pour la course à pied alors je frotte autant que possible. J’enfile méthodiquement et calmement tout l’équipement porte dossard, casque, lunettes, chaussettes, chaussures de vélo et je glisse dans ma trifonction de quoi me ravitailler.

Et je rejoins le parcours à vélo pour 91 km. Il y a beaucoup de monde mais je ferai la course en solitaire jusque 15 km avant l’arrivée ou je rencontre une fille très sympa, Delphine, qui a vraiment un bon coup de pédale et surtout une super patate pour encourager tout le monde.

1 km avant d’arriver, il y a un virage sévère et le signaleur nous indique que ça glisse; mais le concurrent juste devant nous fait effectivement la crêpe et se retrouve sur les fesses. Cela nous calme vraiment pour nous rendre au parc à vélo pour la deuxième transition vers la course à pied.

Je finis les 91 km sur une moyenne de 32,3 km heures. C’est un peu moins bien que l’an passé mais je suis très satisfaite étant donné que nous avons pris pas mal de vent ainsi qu’un grain de pluie. Et je suis également fière d’avoir réussi à remettre doucement ma chaîne sur le grand plateau à la main et sur le vélo alors que j’ai déraillé dans une descente. Ce n’était franchement pas gagné et un peu périlleux.

Lorsque je pars du parc à vélo pour les 21km100 de course à pied, je sais déjà que cette partie va être difficile car je manque d’entraînement. Effectivement dès le début je me dis que ça va être très dur car je n’ai pas de bonnes sensations dans les jambes. Et j’ai surtout le souvenir de la dernière boucle de l’an passé qui s’était finie dans une douleur atroce sous les avants de pied. Sincèrement au départ je me dis que je ne vais pas tenir la distance, et je m’aperçois qu’en fait je me suis conditionnée alors je fais un travail mental pour me mettre dans un mood plus positif et cela fonctionne. J’essaie juste de profiter du moment, en prenant conscience de la chance que j’ai de pouvoir participer à cette belle course et de profiter de tous ces encouragements et sourires qui sont là pour nous porter. Je décide de gérer au mieux ma course sans me mettre dans le dur mais en ayant la perspective de long terme avec les échéances sportives qui m’attendent dans quatre mois. Cela n’empêchera pas la douleur de s’installer inévitablement compte tenu du manque de volume de course à pied ces derniers mois, faute de temps de motivation et surtout de tendinite au tendon d’Achille!

J’ai de la chance d’avoir des amis qui m’encouragent tout au long et surtout je sais que mon chéri, qui est parti 30 minutes avant moi et que j’ai pu croiser sur la course à pied à plusieurs reprises, sera là pour m’attendre derrière la ligne d’arrivée. Alors je tiens, je lutte contre les douleurs aux pieds, contre cette montée après le rond-point des présidents et contre ce satané vent qui nous fouette le visage sur le retour du lac de Tanchet . Les ravitaillements Et les cris de mes copines bénévoles sont là pour m’aider à tenir le choc.

Me voici sur le remblai pour cette troisième interminable boucle, et où la foule est en masse depuis très tôt ce matin. Je n’ai plus qu’à dérouler et passer cette arche d’arrivée où je retrouve déjà les amis qui ont participé et qui comme moi ont envie de savourer pendant encore de nombreuses minutes ce moment dont nous connaissons la valeur.

C’est ma première ligne d’arrivée avec celui qui partage ma vie. Nous tombons dans les bras l’un de l’autre, conscients du privilège qui nous a été donné de pousser notre effort jusqu’au bout, mais conscients également, que cette chance nous l’avons aussi parce que nous avons décidé de vivre notre vie avec passion, sans avoir peur de paraître un peu fous, et que nous connaissons le travail qu’il faut accomplir pour pouvoir vivre nos rêves…

Merci aux organisateurs et aussi nombreux bénévoles qui nous ont encouragé tout le long.

Merci à tous les supporters du remblai connu aux inconnus qui n’ont pas hésité à crier les noms inscrits sur nos dossards pour nous porter.

Merci aux amis qui ont partagé ce week-end avec nous et qui l’ont encore plus mémorable Par leur gentillesse et bonne humeur.

Merci à tous ceux qui m’ont encouragé à distance et qui ont suivi ma course en direct.

Merci à Mako Sport pour le soutien dans ma préparation à l’épreuve de la nage, et à David Artivélo pour la mécanique Velo ponctuelle et Yo pour celle de tous les instants

Merci à mon homme Yo d’avoir décroché son Trek qui prenait la poussière depuis deux ans dans le garage, et dont tu tentais de te débarrasser, espérant que cela te ferait oublier combien tu te sens vivant quand tu roules, c’est le plus beau bonheur pour moi de te voir m’accompagner sur cette folie imprévue et savoir que tu as retrouvé l’envie d’avoir envie . Et je sais que tu as kiffé 😉

Je finis en 5h19, 4ème de mon âge group. Soit seulement cinq minutes de plus que en septembre dernier alors que je n’avais pas prévu la préparation et que les conditions météo étaient plus compliquées. Et surtout que j’ai pris une année de plus et que je me rapproche de la catégorie D’âge supérieur. Plus sérieusement, et sans pseudo excuses, je suis ravie de ce chrono dans le contexte actuel.

Place à la préparation maintenant et rendez-vous fin octobre au Portugal. Enfin je vous réserve peut-être des surprises d’ici là…

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